Les militaires du rang
Les militaires du rang constituent le cœur de l’armée de terre et se répartissent en deux catégories :
Les uns comme les autres assument les mêmes missions et sont soldats quel que soit le métier exercé, d’essence civile ou non. Recrutés de sans qualification au niveau Bac/Bac+1, parmi les Françaises et Français de 17 ans et demi à 29 ans pour les EVAT, et 26 ans pour les VDAT, ils constituent le personnel "d’exécution" de l’armée de terre et se verront proposer différents parcours en fonction de leurs qualifications, de leurs résultats aux tests d’évaluation et de sélection, et de leur motivation.
Le contrat initial d’un EVAT est de trois ou cinq ans, renouvelable jusqu’à 25 ans de service. Les meilleurs EVAT, en particulier les bacheliers, peuvent devenir sous-officier. Ainsi, 50 % des sous-officiers de l’armée de terre sont issus des militaires du rang.
Le contrat initial d’un VDAT est d’un an, renouvelable quatre fois, mais rares sont ceux qui renouvellent au-delà d’un an. La plupart demandent à souscrire un contrat EVAT à partir du 10e mois de service.
Les métiers offerts aux militaires du rang (MDR) sont nombreux, variés, et de plus en plus techniques : combattant en unité d’infanterie, parachutiste, pilote d’engin blindé, conducteur PL1 ou SPL2, aide mécanicien, opérateur radio, secrétaire, tireur missile, etc. Près de 50% d’entre eux sont transposables dans le secteur civil.
Les sous-officiers
Véritable « colonne vertébrale » de l’armée de terre, le corps des sous-officiers est chargé à la fois de la formation et de l’encadrement des militaires du rang, et de la mise en œuvre des systèmes d’armes dédiés à la défense du pays. En France, 45% des sous-officiers de l’armée de terre sont directement recrutés à partir du civil, la majorité étant constituée d’anciens engagés volontaires ayant bénéficié d’une promotion interne suivie d’une formation.
Deux possibilités existent pour devenir sous-officier :
La voie directe, ouverte sur dossier aux Françaises et Français âgés de 18 à 25 ans, de Bac à Bac+2, qui, après les tests de sélection, intègrent l’Ecole nationale des sous-officiers d’active (ENSOA) de Saint-Maixent (Deux-Sèvres) pour un stage de huit mois de formation militaire générale avant de rejoindre l’école de leur spécialité pour une période de 3 à 37 mois selon leur filière. 38 spécialités leur sont proposées, du combat blindé à la maintenance technique ou mécanique, en passant par l’informatique, le renseignement, la gestion des ressources humaines, la santé, la logistique ou encore pilote d’hélicoptère ;
La voie semi-directe ou tardive, ouverte aux meilleurs EVAT, qui alimente 50% du corps des sous-officiers.
Les meilleurs d’entre eux ont la possibilité de devenir officier, par voie de promotion interne, après une formation à l’Ecole militaire interarmes (EMIA), à Coëtquidan, ou en intégrant "rang", sur proposition, après un certain nombre d’années de service et une bonne notation.
Attention : désormais, un bachelier désirant devenir sous-officier passera une batterie de tests. Suivant ses résultats, il pourra lui être proposé de commencer comme militaire du rang, avec la possibilité de devenir sous-officier, ou comme sous-officier, avec la possibilité de devenir officier. Ainsi, les tests de sélection avant l’engagement et la première expérience professionnelle en régiment seront déterminants pour son parcours professionnel.
Les officiers
Les officiers de carrière
Depuis deux cents ans, l’école spéciale militaire (ESM) de Saint-Cyr recrute et forme chaque année les officiers de recrutement direct de l’armée de terre. Grande école du commandement, elle propose, durant trois années, un enseignement pluridisciplinaire comprenant la formation à l’exercice du commandement, l’acquisition d’une culture générale étendue de niveau bac+5 ainsi qu’un entraînement physique soutenu. Les élèves étaient, jusqu’à peu, recrutés uniquement sur concours au sortir de classes préparatoires ou de certains diplômes d’études supérieures. Pour diversifier le profil de ses cadres, l’armée de terre a fait le choix d’ouvrir depuis trois ans de nouvelles voies d’accès pour cette prestigieuse école.
Les concours « classe prépa » et Bac + 3
Quatre concours permettent d’intégrer l’ESM. Il s’agit des concours « sciences », « lettres », « sciences économiques et sociales » et « diplômés de l’enseignement supérieur ». L’âge requis est de moins de 22 ans au 1er janvier de l’année du concours. Les trois premiers concours se présentent après avoir suivi une classe préparatoire respectivement scientifique, littéraire ou économique. Le quatrième est ouvert aux candidats titulaires de certaines licences. A l’issue des trois années de scolarité, les élèves reçoivent une formation complémentaire dite « d’application » durant un an, dans l’école de la spécialité qu’ils choisissent, en fonction de leur classement à l’issue des études.
Admission sur titre à bac+5
Depuis 2001, un recrutement sur titre a été mis en place. Il concerne les jeunes âgés de moins de 25 ans au 1er janvier de l’année de leur candidature, issus des grandes écoles ou titulaires d’un diplôme du 3e cycle de l’enseignement supérieur. Admis sur titre après avis d’une commission de recrutement nationale, ces jeunes, garçons et filles, poursuivent une scolarité d’un an à Saint-Cyr, essentiellement militaire, avant de rejoindre l’école de la spécialité qu’ils auront choisie. A titre d’exemple, 24 candidats ESM BAC+5 ont été recrutés sur titre pour l’année 2006.
Les officiers sous contrat (OSC)
Les cadres contractuels de l’armée de terre
Les OSC exercent au sein de l’armée de terre des responsabilités techniques et/ou de commandement. Recrutés au titre de leurs diplômes universitaires et se voyant confier de réelles responsabilités, ils se constituent une première expérience professionnelle valorisante. Ces officiers sont recrutés dans les filières « commandement » ou « spécialiste », parmi les jeunes Françaises et Français titulaires au minimum d’un Bac+3 ou +4 suivant la filière.
La filière « commandement » (OSC E), ouverte aux titulaires d’un Bac+3, permet d’assumer des responsabilités d’encadrement et de commandement sur le terrain en tant que chef d’un groupe de 30 hommes, puis d’une compagnie de 100 soldats, et ainsi d’acquérir une expérience de management opérationnel. L’OSC E suit une formation initiale de quatre mois à St-Cyr-Coëtquidan. A l’issue, il rejoint pour un an l’école de son domaine de spécialité et choisit en fin d’année, en fonction de son classement, le régiment où il exercera ses premières responsabilités de commandement. Le contrat initial, d’une durée de cinq à huit ans, peut être renouvelé dans la limite de quinze ans de service.
La filière « spécialiste » (OSC S), ouverte aux titulaires d’un Bac+3 au minimum, permet à ces jeunes officiers d’utiliser immédiatement leurs acquis universitaires dans des domaines aussi variés que la gestion financière, le droit international, les systèmes d’information, la restauration collective, les langues étrangères, la communication, etc. Le premier contrat, d’une durée de deux à cinq ans, leur offre la possibilité d’acquérir une première expérience professionnelle. Avant de rejoindre le poste pour lequel ils sont directement recrutés, les OSC S suivent une formation militaire de trois mois aux écoles de Coëtquidan. Pour une minorité d’entre eux, ils peuvent servir par contrats successifs durant vingt ans au maximum.
Dans chacune de ces filières, les meilleurs ont la possibilité, s’ils le souhaitent, d’être intégrés comme officiers de carrière (c’est-à-dire en CDI).
Les volontaires aspirants
Un an pour découvrir l’armée de terre
Les contrats de volontaires aspirants de l’armée de terre (VADAT) sont destinés à tous ceux et celles qui recherchent une première expérience de courte durée (un an minimum renouvelable jusqu’à 5 ans de service) dans une spécialité bien particulière (droit, communication audiovisuelle, restauration collective, enseignement linguistique, histoire...) ou pour vivre une expérience de commandement dans la filière encadrement.
Pour postuler, les candidats doivent être âgés de moins de 26 ans lors du dépôt de leur dossier. Ils sont alors recrutés, après entretien avec leur futur employeur, sur titre à partir de BAC+2 (filière encadrement et filière spécialiste) ou parmi les titulaires de l’aptitude à être officier obtenue lors d’une préparation militaire (filière encadrement). A la fin de leur premier contrat, en fonction des besoins de l’armée de terre, de leurs notations et de leurs aspirations, ils peuvent soit renouveler leur contrat (cas exceptionnel), soit postuler pour un poste d’officier sous contrat (sous réserve de remplir les conditions exigées), soit retourner dans le civil, forts de leur expérience nouvellement acquise.
Pourquoi une réserve ?
L’armée professionnelle doit faire face à des situations variables en intensité et en durée, et peut avoir besoin occasionnellement de spécialistes ou de cellules spécialisées qu’il n’est pas nécessaire d’entretenir en permanence. A l’instar de l’entreprise qui peut recourir à des intérimaires, l’armée dispose ainsi de militaires à temps partiel. Avec une grosse différence cependant, puisque pour être apte à s’intégrer sans délai dans un milieu très spécifique en situation de crise, le réserviste aura acquis, outre les savoir-faire nécessaires, toute la culture propre au monde militaire dont il fait partie et au sein duquel un véritable parcours professionnel lui est proposé. En outre, l’évolution de notre société rend de plus en plus nécessaire une bonne compréhension des enjeux de Défense par les citoyens, notamment ceux qui exercent des responsabilités sociales ou économiques. L’armée de terre développe dans ce but sa réserve citoyenne.
Le réserviste opérationnel, un professionnel à temps partagé.
Avec ou sans expérience militaire préalable, âgé de 18 à 30 ans maximum, de nationalité française, titulaire du baccalauréat ou non, la meilleure démarche pour devenir réserviste opérationnel consiste à prendre contact directement avec le bureau recrutement d’un régiment ou par l’intermédiaire d’un CIRAT. Le CIRAT informe le candidat et l’oriente vers le régiment de son choix selon les places disponibles. Le dossier initial de l’intéressé sera instruit par le régiment en fonction des profils recherchés. Le futur réserviste signe un engagement à servir dans la réserve (ESR), contrat d’une validité de 1 à 5 ans, de 120 jours maximum (accordé au titre exclusif d’une OPEX). Le réserviste sous ESR est considéré pendant ses périodes d’activité comme un militaire professionnel à part entière. Il contracte les mêmes devoirs et bénéficie des mêmes avantages que ses camarades d’active. En 2005, 2 520 réservistes opérationnels ont été recrutés au sein de l’armée de terre.
Le réserviste citoyen, un ambassadeur de l’armée de terre.
En complément de la réserve opérationnelle, la réserve citoyenne contribue à la politique de relations extérieures de l’armée de terre. Directement recruté dans la société civile, ou, plus rarement, ancien militaire d’active ou de réserve, le réserviste citoyen est un volontaire agréé auprès d’une autorité militaire pour mener bénévolement des actions visant à faire connaître et reconnaître dans son milieu l’armée de terre. Il est par essence un vecteur d’information privilégié.